En attendant la prochaine réunion de la commission mixte franco-malgache pour les discussions concernant les îles Éparses, le gouvernement prévoit de procéder à une consultation nationale. Il ne s’agit pas d’un quelconque référendum sur la question, mais de recueillir toutes les idées et autres suggestions pouvant contribuer au soutien des débats qui vont avoir lieu lors de cette prochaine rencontre prévue courant décembre à Paris.
Initiée par le ministère des Affaires étrangères, cette consultation aura lieu du 9 au 11 décembre prochain. Durant ces trois jours, un espace d’expression sera ouvert à tous ceux qui ont des arguments à faire valoir, concernant notamment l’appartenance de ces îles à Madagascar. En effet, lors de la première réunion du 18 novembre dernier au palais d’Andafiavaratra, la délégation malgache a beaucoup insisté sur la souveraineté de Madagascar sur ces îles, tandis que la délégation française a avancé des arguments affirmant ses droits sur celles-ci.
A travers les discussions qui ont eu lieu ce jour-là, il apparaît a priori que la France n’est pas du tout prête d’accepter une restitution de ses « Terres australes et antarctiques françaises » (TAAF) et cela, on le comprend, pour des raisons stratégiques. Mais il y aussi le fait que la Constitution française prévoit des dispositions concernant la situation et la gestion de ces TAAF. Alors, il faudra que l’Exécutif français propose des amendements à ces dispositions, lesquels devraient énoncer clairement les intentions de la France sur le sort de ces îles. Ce qui n’est pas acquis d’avance au niveau des deux chambres du Parlement et du Conseil constitutionnel français. Pour rappel, ces TAAF ont d’abord été gérées par le Préfet de la Réunion avant d’être confiées, depuis 2005, au Préfet des TAAF.
On croit savoir que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, prévoit un prochain déplacement à Antananarivo avec l’intention de soumettre aux dirigeants malgaches, une proposition de solution à la résolution du problème, en l’occurrence un projet d’accord en vue d’une cogestion de ces îles. C’est ce projet de cogestion qui devrait être avalisé par le Parlement et le Conseil constitutionnel de la France. Et si la proposition est acceptée, ce sera alors la solution qui serait soumise à cette prochaine réunion de la commission mixte. Une deuxième rencontre où les Français auront l’avantage du terrain puisque le « match » se jouera chez eux… avec leur public pour les soutenir.
Mais cela ne veut pas dire que les Malgaches s’y rendent battus d’avance, car ils vont aussi sortir leur grand jeu et faire peser tous les arguments recueillis lors de ces prochaines consultations nationales.
Une option à considérer avec modération
Cette idée de cogestion avait déjà été évoquée par l’ancien président de la République Hery Rajaonarimampianina lors d’un déplacement à Paris en septembre 2016, et semblait intéresser la France qui voudrait donc maintenant s’y atteler fermement et prendre ainsi les devants en dépêchant son ministre des Affaires étrangères dont la réelle mission serait de tenter de faire avaler la « pilule amère » aux dirigeants malgaches. Car, pour les Français, la cogestion serait la solution acceptée et acceptable à leur niveau, concernant ces îles éparses.
Ce pourrait être aussi le cas pour les Malgaches si les consultations prévues abondent à l’idée. Mais que faire en cas de refus de la majorité ?
Voici déjà deux réponses à la question, faites par deux anciens ministres des Affaires étrangères en leur temps respectif, et sur lesquelles les uns et les autres pourraient aussi méditer dans leurs réflexions en vue de cette consultation nationale.
Selon Béatrice Atallah, dans sa déclaration de septembre 2016 alors qu’elle accompagnait Hery Rajaonarimampianina à Paris, « L’idée de cogestion n’est pas une option obligatoire pour nous. Ce n’est qu’une des options qui peuvent s’offrir dans cette démarche… ». Tandis que Naina Andriantsitohaina, en évoquant le cas des îles éparses, le 14 juillet dernier à la résidence de France, avait indiqué : « Quoi qu’on dise sur le sujet, si aujourd’hui le président de la République doit le traiter, c’est bien que nous sommes encore en situation d’échec et que nous devons tous faire preuve d’humilité».

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