Le riz est-il suffisant ?

Madagascar importe encore du riz d’une moyenne de 200 000 tonnes par an. C’est un fait incontournable que nous vivons depuis des années. Mais aussi, nous exportons le riz long de haute qualité à partir d’Ambatondrazaka, que nous ne pouvons même pas y goûter car ce produit ne se s’étale pas aux marchés. Et l’Etat s’efforce de copier les meilleures techniques japonaise, chinoise et indienne pour booster la production rizicole à Madagascar dont nos paysans n’arrivent pas à s’y adapter.

Maintenant, on veut remblayer les rizières à Ambohitrimanjaka, dont la production n’est pas négligeable car leurs propriétaires ne veulent pas céder leurs terres pour le projet Tanamasoandro. Ce geste est tout à fait normal dans la mesure où ces producteurs ne veulent pas mourir de faim et ils y tiennent tout en pensant à l’avenir de leurs enfants, qui plus tard, n’auront rien à hériter. S’ils vendent leurs terres, où iront leurs enfants ? Or, force est de reconnaître, que ces propriétaires actuels ont également touché leur héritage. Et le rythme de vie actuel ne présage rien de bon pour acquérir une certaine richesse. L’argent qu’ils vont gagner de la vente ne mènera à rien et c’est une des raisons de leur détermination à tenir tête de ce projet Tanamasoandro.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat opère ce genre de tractation. Partout, autour de Tana, des hectares de rizières ont été accaparées avec la contribution des Karana. Les propriétaires ont compris que vaut mieux garder ce qu’on a, que de vendre. Et comme le riz représente une importance particulière pour la vie de la population, ce n’est pas la peine de se hasarder avec l’argent de la vente des terrains et chercher une autre aventure dont les risques sont énormes.

Donc, pour revenir au riz, l’Etat persiste à raser les rizières. Comme si cet aliment le plus accoutumé à la population ne veut rien dire. Attention, les droits humains ne seront pas encore respectés. Danger imminent !

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