ROUTES DE MADAGASCAR : Un véritable tonneau des Danaïdes

Le réseau routier malgache est actuellement estimé à 30 000 km de routes. Il est réparti en 3 catégories de réseaux : le réseau des routes nationales, le réseau des routes provinciales et le réseau des routes communales. Au cours de ces 20 dernières années, ce réseau routier s’est trouvé diminué de 20 000 km.

Madagascar est l’un des rares pays dans le monde où le réseau routier ne cesse de diminuer chaque année. C’est un record que le pays se serait volontairement passé d’autant plus que certains pays ayant fait l’objet d’un conflit armé ont mieux entretenu leurs routes alors que le pays n’a connu un tel cas.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, il y a quelques décennies, un ambassadeur de l’Union européenne, en la personne de Guy Petitpierre, avait comparé les routes de Madagascar au célèbre  tonneau des Danaïdes, ces dernières qui, dans la mythologie grecque, ont été condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau troué.

Effectivement, en ce qui concerne les routes, des milliards d’Ariary ont été engloutis provenant principalement de dons ou de prêts d’institutions financières internationales ou continentales, l ’Etat malgache n’ayant pas les moyens d’assurer le simple entretien de ses rares infrastructures. Tout récemment, la Banque Mondiale vient de contribuer à la réhabilitation de la RN 44. Pour quelle énième fois ? Espérons que ce soit la bonne !

Ce ne sont pas les financements qui ont manqué. Loin s’en faut ! Qu’il s’agisse de la Banque mondiale, de l’Union européenne, de la Banque africaine de développement ou d’autres encore, tout le monde y a contribué.

Ce n’est pas seulement l’absence d’entretien qui est à l’origine de la dégradation plus ou moins généralisée des routes malgaches. On peut également penser que les travaux n’ont pas été effectués dans les normes, pour une raison ou une autre.

On ose espérer que les travaux qui sont entrepris actuellement au niveau des routes de Madagascar – qu’il s’agisse de travaux de réhabilitation, de travaux d’entretien et mieux encore de nouvelles constructions-, seront menés à bon terme et que les nouvelles routes  dureront autant qu’elles devront l’être (à condition bien entendu qu’elles soient entretenues dans les normes et les délais requis).

Ranaivo Lala Honoré

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