L’industrialisation de Madagascar constitue l’une des priorités du pouvoir actuel. Et pour le cas d’un pays comme Madagascar, il convient tout d’abord de s’industrialiser en misant sur le développement du marché intérieur. Cela nécessite de protéger l’industrie locale contre les produits importés de qualité moindre mais qui présentent l’avantage d’être bon marché.
Tous les pays qui se sont industrialisés ont commencé par du protectionnisme. Mais il ne faut pas pratiquer un protectionnisme grossier car nous sommes engagés dans les négociations commerciales mondiales. Il faut un protectionnisme intelligent de sorte que les règles fonctionnent à notre avantage. Il est toujours possible de protéger son marché tout en respectant les règles du commerce international et les engagements que l’Etat a pris.
Des possibilités de protection d’industries naissantes sont prévues dans les accords internationaux. Mais encore faut-il remarquer que dans bien des cas, ces accords ne sont pas respectés minutieusement ou encore détournés par des pays pour leur donner un avantage certain.
Dans le secteur de l’industrie du savon, dans le projet de loi de Finances 2020, les droits de douanes à l’importation de bondillons de savons sont ramenés à un taux de 20%, au titre d’appui à ce secteur. Mais cette mesure est-elle suffisante ? Effectivement, certains pseudo- industriels importent directement des bondillons de savon en déclarant que ce sont leurs matières premières.
Or, d’aucuns ignorent que le bondillon c’est déjà du savon déjà préparé prêt à être utilisé, évitant ainsi toute autre procédure de transformation. Il ne reste plus qu’à leur donner une forme et mettre sous emballage. Il convient de rappeler que notre industrie du savon a beaucoup souffert de cette situation. Effectivement, une de nos îles voisines a exporté vers Madagascar du savon qui serait fabriqué sur place, bénéficiant ainsi de la quasi exemption des droits de douanes suivant les règles de la COI. Or, il importait directement des bondillons de savons.
Heureusement encore que notre industrie du savon ait pu résister pendant tout ce temps-là à cette concurrence déloyale. Cela a été certainement dû à l’importance du marché du savon dans le pays, le savon étant un produit de première nécessité (PPN). Et un marché trop restreint suscite également des visées monopolistiques, ce qui n’est pas toujours bon pour le pays.
Ranaivo Lala Honoré

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