Le café, la vanille, le girofle, le poivre et le litchi constituent les principales cultures de rente qui font connaître Madagascar partout dans le monde. Cependant, ce ne sont pas les producteurs directs, c’est-à-dire les petits exploitants, qui en tirent le plus de profit.
Les petits exploitants qui cultivent les principaux produits de rente ne profitent pas pleinement de ce que devrait être la valeur de leurs produits. La raison est que, pour multiples raisons, les agriculteurs ont peu d’options pour négocier les prix.
Pour le cas de la vanille, par exemple, la vanille verte ou non transformée perd en qualité si elle est conservée et doit donc être absolument vendue peu après la récolte pour être préparée. Ce qui n’est pas le cas du produit séché donc préparé, qui est non périssable. Mais l’absence de savoir-faire technique en matière de préparation, ainsi que les contraintes d’espace et de main-d’œuvre, les besoins en liquidités constituent autant d’obstacles à la préparation de la vanille.
Le litchi est un cas relativement spécifique car c’est un produit très périssable. Donc il faut absolument le vendre le plus vite possible après la récolte. Or, dans de nombreuses régions productrices de ce produit, les agriculteurs n’ont pas accès aux routes, ce qui réduit leur pouvoir de négociation avec les collecteurs qui disposent des moyens de transport pour se rendre aux exploitations.
Par ailleurs, qu’il s’agisse de litchi ou de vanille ou encore d’un autre produit de rente, les collecteurs travaillent exclusivement pour un seul opérateur moyennant un prix fixé à l’avance. Or, généralement, tous les exportateurs s’accordent entre eux sur un même prix aux collecteurs. Et le fait de fixer collectivement les prix d’achat entre exportateurs est susceptible de restreindre la concurrence sur les marchés et donc de nuire aux revenus des agriculteurs.
Enfin, les petits exploitants ont un faible accès aux informations sur les prix. Donc, il y a contrainte quand il s’agit de décider où et quand vendre leurs produits. C’est pourquoi ils doivent accepter le diktat des collecteurs en matière de fixation des prix.
Ranaivo Lala Honoré

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