Le dernier mouvement de contestation des agriculteurs français qui s’est traduit par le blocage du périphérique et des Champs-Elysées (Paris-France) amène à réfléchir sur l’avenir de l’agriculture à Madagascar. Pourquoi cette manifestation des agriculteurs français ? C’était pour crier leur colère et leur douleur par rapport à leur situation actuelle.
« Les paysans sont devenus agriculteurs, puis esclaves de l’industrie agroalimentaire, des semenciers, des géants du phytosanitaire et de la grande distribution… qui, au prétexte de défendre les intérêts des consommateurs, imposent leurs prix et conditions à leurs fournisseurs, en premier chef les agriculteurs qui ne peuvent plus vivre de leur production“.
La même chose risque d’arriver à Madagascar. Aujourd’hui, dans l’agriculture malgache, les maîtres-mots sont : agro-business, agro-industrie, respect de l’environnement, préservation de la santé des consommateurs … Mais on se demande si nos paysans seront à la hauteur de ce grand défi et déjà prêts à faire face à cette « révolution » ?
Il ne faut pas oublier que la très grande majorité de nos exploitations agricoles est composée de petites exploitations à caractère familial qui arrivent à peine à faire vivre leurs propriétaires alors que nous cherchons à installer ici une pâle copie d’une structure d’exploitation que les agriculteurs des pays développés contestent. Et en même temps, il faut reconnaître que le système existant est un modèle d’exploitation désuet.
Vaut mieux prévenir et chercher ce qui est le mieux adapté pour Madagascar, pour nos paysans : Il y a la nécessité absolue de soutenir nos paysans, de les encadrer, de les former aux nouvelles techniques agricoles plus productives, les amener à utiliser de meilleures semences … et bien évidemment, de les appuyer financièrement (par exemple par le biais de la facilitation de l’accès aux micro-crédits…).
Ranaivo Lala Honoré

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