La mise en œuvre du Plan sectoriel de l’éducation (PSE) diverge les idées et suscite des commentaires de tous les acteurs concernés, allant des parents d’élèves aux établissements scolaires, et la société civile ainsi que les organismes partenaires de l’Education. Concernant cette dernière, leurs membres n’ont pas mâché leurs mots en évoquant leurs impressions sur la décision du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle quant au maintien de l’ancien calendrier scolaire.
Selon la déclaration de la Société civile, le ministère de tutelle, à travers son ministre Marie Thérèse Volahaingo, a récemment déclaré faire marche arrière par rapport au PSE, en annonçant un retour à l’ancien calendrier scolaire et le maintien du CEPE qui sont parmi les principales barrières pour l’éducation fondamentale de 9 ans. Malgré un appel initial au dialogue, le Premier Ministre a confirmé cette décision unilatérale du gouvernement. Cette décision est d’autant plus incompréhensible que l’actuel chef du gouvernement a aussi signé et endossé ce PSE en tant que Représentant d’un Organisme International (OIT), partenaire de l’Etat, pour l’intérêt supérieur des enfants malagasy et pour éviter et réduire l’exploitation/le travail des enfants.
La prise de position unilatérale du gouvernement va à l’encontre des intérêts de la majorité des populations et enfants malagasy vivant dans les zones rurales qui n’ont des voix ni via les media, ni via les réseaux sociaux, ni via les cercles restreints et fermés de personnes ou entités privées influentes, ni à travers les représentants élus dans leur circonscription. La décision du Gouvernement fragilise donc davantage les parents/enfants du monde rural fréquentant majoritairement les écoles publiques et aura sûrement une conséquence néfaste sur l’équité non seulement en matière d‘accès à l’éducation mais dans tous les domaines socio-économiques et accentuera la pauvreté ou le fossé de pauvreté entre les malagasy. La prise de position unilatérale du gouvernement va radicalement à l’encontre du respect des engagements et du principe de concertation, nécessaires à une bonne gouvernance.
Or, par rapport à cette décision, les indicateurs de l’éducation à Madagascar sont au rouge, ce qui prouve un échec des politiques sectorielles qui se sont succédé. Seulement 6 % des enfants de 7 à 14 ans savent compter, sur 100 enfants, seulement 32 finissent le cycle primaire et entrent en secondaire et sur 100 enfants, 9 seulement achèvent le lycée. S’y ajoutent la forte disparité régionale avec des taux descendant jusqu’à 27 % de taux de rétention scolaire dans le Sud, ainsi que des situations plus graves pour les enfants de s zones rurales par rapport aux zones urbaines et peri-urbaines.
Rappelons que les 3 principes fondamentaux du PSE sont constitués par l’utilisation de la langue maternelle pour les trois premières années d’enseignement, l’éducation fondamentale de 9 ans permettant le prolongement du taux de rétention avec un système d’évaluation pour les 3 sous-cycles pour tendre vers la suppression du CEPE, et la mise en place d’un nouveau calendrier scolaire qui favorise la réduction de l’absentéisme, du taux de redoublement et du taux d’abandon, tout en atteignant le taux de 900 heures de temps d’apprentissage effectif nécessaires pour améliorer le niveau. Pendant la période de pluie, de cyclone qui coïncide aussi avec la période de soudure, les enfants ne doivent pas aller à l’école.
Ainsi, la Société Civile signataire du PSE condamne et dénonce fermement cette démarche unilatérale du gouvernement. Elle demande au gouvernement de la revoir pour préserver la paix sociale et l’intérêt des enfants, et à toutes les parties prenantes ayant endossé le PSE de se mobiliser pour défendre le respect des engagements et préserver la crédibilité de l’Etat malagasy. Elle encourage toutes les parties prenantes à communiquer et débattre avec les citoyens sur les réformes apportées par le PSE pour améliorer l’accès de tous à l’Education et la qualité de l’enseignement.

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