Les régions Vatovavy-Fitovinany et Atsimo-Atsinanana figurent parmi les zones ayant un taux le plus élevé de défécation à l’air libre : plus de 2 personnes sur 3 pratiquent encore la défécation à l’aire libre, soit 1,7 millions de personnes. Selon les résultats de la dernière Enquête nationale sur la situation socio-démographique des ménages (MICS) 2018, moins de 1% de la population des 2 régions ont accès à des services de base d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène. De plus, elles sont les pires régions qui ne pratiquent pas le lavage des mains avec savon : seulement 5,7% (Vatovavy-Fitovinany) et 4,2% (Atsimo-Atsinanana) des ménages ont un dispositif de lavage des mains avec eau et savon présents, contre une moyenne nationale de 23,0%.
Une situation qui affecte l’état nutritionnel et sanitaire de la population des deux régions, souvent exposées aux catastrophes naturelles comme les cyclones et les sécheresses. D’où l’appui de la Corée à travers KOICA qui a signé un accord avec le gouvernement malagasy et l’Unicef en septembre 2019 pour intégrer 30 nouvelles communes dans le programme d’assainissement de l’UNICEF et 11 communes ayant déjà éliminé la défécation à l’air libre afin d’assurer la pérennisation des résultats acquis et appuyer les ménages à monter dans l’échelle de l’assainissement.
Et c’est la raison d’être du projet « d’accélération de l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène à travers des approches communautaires à Madagascar », qui ambitionne d’améliorer l’état de santé et de survie de 380.000 personnes dans les régions de Vatovavy Fitovinany et Atsimo Atsinanana. Lancé ce jour à Manakara, ce projet d’un montant de 2,5 millions de dollars financé par l’Agence Coréenne de Coopération internationale (KOICA) et mis en œuvre par l’Unicef ciblera 41 communes dans les deux régions qui vont lutter la défécation à l’air libre et assurer la pérennisation des résultats acquis à travers l’assainissement total piloté par la communauté, l’assainissement basé sur le marché, le programme WASH dans les écoles et les centres de santé de base et la promotion de la gestion de l’hygiène menstruelle. A travers ce programme, 190.000 femmes et 190.000 enfants incluant 10.000 enfants scolarisés vont bénéficier de l’amélioration de leur état de santé et de leur survie.
Avant la cérémonie, les autorités présentes dont l’ambassadeur de la Corée Lim Sang-woo, le représentant du ministère de l’Eau, Hygiène et Assainissement, le représentant de l’Unicef, Michel Saint-Lot, ont visité la commune d’Ambohitrova, une commune phare dans la lutte contre la défécation à l’air libre dans cette région grâce aux interventions de l’Unicef. Dans son allocution, l’ambassadeur de la République de Corée a souligné qu’étant un pays qui a traversé les mêmes défis de développement, il n’y a pas longtemps, la Corée est prête à partager son expérience avec Madagascar et à travailler avec les autorités du pays pour l’émergence de Madagascar. Quant à l’Unicef, cet organisme onusien est prêt à appuyer le gouvernement à faire face à ce grand défi en travaillant avec les leaders, mères, enseignants, médecins, enfants dans les 41 communes pour assurer un avenir plus sain dans leurs communautés, selon son représentant, Michel Saint-Lot.



