CONGRES DES BAOBABS : Avis de commerce non préjudiciable pour l’espèce Renala

Le Renala, une des richesses de Morondava

Adansonia grandidieri, une espèce de baobab connue sous le nom de Renala et qui signifie mère de la forêt est endémique du sud-ouest de Madagascar, plus précisément au Nord de Morondava jusqu’au Nord de Morombe. Actuellement ce baobab est présent en populations réduites et dispersées. Il est menacé par la perte d’une partie  des arbres adultes (20% ou plus), une régénération médiocre et la pression continue exercée par l’homme. Les arbres se trouvent dégradés et les terres agricoles défrichées. C’est le baobab le plus estimé et le plus couramment exploité de tous les baobabs malgaches. Dans certains endroits où les individus les plus grands et les plus sains ont été récoltés, on assiste à un déclin génétique ou une perte de vigueur de la population. Les incendies, la prédation dont les graines font l’objet, les cultures agricoles et la concurrence des adventices contribuent à une régénération médiocre. De plus, les incursions d’espèces envahissantes et les changements intervenant dans la dynamique des espèces indigènes affectent l’écologie des peuplements.

L’évaluation de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a mis dans la catégorie « en danger » dans la liste rouge des espèces menacées le Renala, étant confronté à un risque élevé d’extinction dans la nature  dans un avenir proche. Son taux de déclin en répartition et en occupation est de l’ordre de 50% ces 20 dernières années. Sept sur huit espèces dans le monde ne se trouvent qu’à Madagascar dont six d’entre elles sont endémiques de la Grande Ile. La population de ces espèces connait actuellement une forte réduction à Madagascar, due à la déforestation massive ces dix dernières années. Ainsi, il est impératif de protéger cette espèce, qui en fait un emblème national du pays.

D’où la tenue du Congrès des baobabs qui s’est déroulé à Morondava lors duquel, étudiants, chercheurs, acteurs de la conservation, opérateurs économiques et touristiques œuvrant dans la commercialisation des produits dérivés du baobab, se sont penchés sur l’élaboration d’un document de stratégie de conservation des baobabs et la collecte d’information pour l’élaboration du document relatif à l’Avis de Commerce Non Préjudiciable (ACNP) pour  l’espèce Adansonia grandidieri (Renala). Il s’agit d’une décision de l’autorité scientifique sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. A travers ces documents, des outils de gestion et des stratégies conciliant la conservation et la valorisation économique de cette espèce ont été développés.

Par ailleurs, les résultats des recherches sur les baobabs ont été présentés par les participants qui ont également entretenu une pépinière de 1.000.000 de plantules d’espèce autochtone et exotique y compris le baobab, à Ambalirao Morondava. En marge du congrès, les échanges avec les différents participants permettent de tisser de nouvelles relations pour d’éventuelles collaborations futures pour la conservation et le développement.

Une partie des participants au Congrès

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