CIRCONCISION : Une tradition de valeur à Madagascar

La saison hivernale à Madagascar est traditionnellement festive grâce à la tradition la plus spectaculaire dénommée le « Didim-poitra » ou la circoncision. Les Malgaches n’en oublient pas pour autant de cultiver leur joie de vivre. C’est à partir de ce mois de juin jusqu’en août que l’on sent s’éveiller cet esprit de fêtes.

La circoncision est plus qu’une coutume à Madagascar. Par définition, La circoncision est une ablation rituelle du prépuce pratiquée par la totalité des Malagasy. Cette cérémonie possède plusieurs appellations selon les tribus comme le « Didim-poitra », le « Famorana » ou encore le « Fahasoavan-jaza » dans la région Imerina, le « Savatse » dans la région du Sud-Ouest et le « Sambatra » dans la région du Sud-Est.

En général, la circoncision se pratique durant la saison fraîche chaque année, période favorable pour faciliter la cicatrisation de la plaie. Pour que la destinée (tonom-bitana) du petit garçon soit forte et favorable, sa circoncision doit se faire en période de lune montante. La pleine lune étant déconseillée, car elle favoriserait l’hémorragie. L’opération se fera à l’aube, idéalement avant 5 heures du matin.

Le jour J, seuls les hommes (grand-père, père, oncles) sont autorisés à prendre part à la cérémonie. Le « rain-jaza » se chargera de couper le prépuce avec un couteau ou un bambou. Le sang qui se verse sur le sol symbolise l’unification du petit garçon avec la terre de ses ancêtres. Ce sera le grand-père ou l’oncle maternel qui avalera le prépuce, avec une banane en guise d’accompagnement, symbole de la fertilité et de la virilité. L’enfant est ensuite accueilli par une foule en liesse qui lui comble de cadeaux dont des jouets et friandises. La phrase « Arahaba ririnina e ! » est prononcée pour féliciter et souhaiter du bonheur au garçon et aux parents.

Bien que la circoncision à Madagascar s’apparente, à première vue, à de simples réjouissances, ce rite ancestral revêt en réalité une profonde signification. La symbolique qui ressort de cette pratique est qu’en abandonnant son prépuce, le petit garçon acquiert son statut d’homme. D’ailleurs, un homme non circoncis n’aura aucune chance avec une femme et ne pourra pas être enterré dans le tombeau familial.

Méthode à l’américaine

Même si la circoncision reste une tradition très ancrée dans la société malgache, elle tend à devenir de plus en plus moderne. Certains parents optent aujourd’hui pour des méthodes plus modernes à l’instar de la circoncision américaine ou la cautérisation pour des raisons d’hygiène. Cette dernière est effectuée en assistance de matériels spécifiques comme le bistouri. Les parents ont plus  de confiance aux médecins car ils sont plus efficaces. De plus, c’est un souci d’hygiène pour éviter les infections et les hémorragies, a expliqué une mère de famille qui a opté pour la circoncision moderne pour son fils.

Les parents choisissent cette méthode, notamment la circoncision à l’américaine afin de réduire les souffrances de l’enfant. Un médecin d’un cabinet privé affirme que les parents sont hyper motivés à la circoncision à l’américaine, étant  moins de risque et facile à soigner en cas de complication, sans oublier l’allégement de la douleur pour l’enfant. En  fait, l’intervention se fait par un appareil spécial en adoptant une technique moderne à la capsule, au bistouri, pour prendre le prépuce. Elle est efficace et rapide. Selon un autre cabinet médical, le coût d’une circoncision varie de 60.000 à 200.000 ariary, selon le traitement. Malgré l’existence de cette nouvelle méthode, la circoncision traditionnelle tient encore  pour certaines personnes surtout dans les zones rurales.

Notons que pour les Malgaches, cette tradition est un passage obligatoire qui permet au garçon d’acquérir sa virilité et d’entrer dans le monde des adultes. La circoncision  protégerait aussi contre les maladies sexuellement transmissibles, notamment la syphilis et le sida, d’où les campagnes de l’OMS en sa faveur.

Vous aimerez aussi