CSM : Limogeage de Fanirisoa Ernaivo ?

L’ancienne présidente du Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM), Fanirisoa Ernaivo, n’aurait plus sa place parmi ses pairs, car elle vient d’être destituée et rayée définitivement du corps des magistrats. C’est ce qui ressort de la récente réunion du Conseil de discipline (CODIS) au sein du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM).

Apparemment donc, elle était parmi les huit magistrats qui devaient comparaître devant ce CODIS du 6 novembre dernier. Mais il y a un grave et sérieux problème autour de ce limogeage : c’est que d’abord, l’intéressée n’a pas comparu car la date de son audience était prévue pour le 8 novembre, et ensuite, elle n’a reçu aucune notification officielle de cette décision du conseil, soulignant que c’est à travers les réseaux sociaux qu’elle l’a apprise.

En effet, Fanirisoa Ernaivo qui poursuit actuellement une formation de haut niveau en France depuis la décision de sa suspension pour six mois en tant que magistrat en novembre 2018, affirme qu’elle a bien reçu une convocation pour comparaître devant le CODIS à la date du 8 novembre 2019 et qu’elle s’apprêtait déjà à le faire, mais le « procès » (si c’est le cas de le dire) aurait été avancé d’un jour par le CSM, c’est-à-dire au 7 novembre. Les audiences de ce jour du 7 novembre se seraient poursuivies jusqu’à 1 heure du matin du 8 novembre, indique-t-elle. « Pourquoi, s’interroge-t-elle, alors que je n’ai jamais demandé un ajournement ni à avancer la date d’audience prévue ? Peut-être qu’ils (les membres du CODIS) l’ont décidé pour que je ne puisse pas tout simplement faire valoir mes droits à la défense. Mais je tiens aussi à ajouter que déjà, il y a eu un groupe de députés qui ont revendiqué ma destitution à travers une pétition qu’ils ont fait circuler à l’Assemblée nationale. Cela constitue une ingérence dans les affaires qui relèvent normalement sinon  strictement du pouvoir judiciaire auquel les législateurs n’ont aucun droit. Par ailleurs, je tiens aussi à préciser que lors de cette audience du 7 novembre, le secrétaire général de la présidence de la République y a assisté et participé alors qu’il n’y avait aucun droit et n’est pas non plus membre du CSM. Tout cela me paraît suspect, mais je ne laisserai pas faire et j’entends bien faire valoir tous mes droits. J’ai été suspendue par une décision du ministre de la Justice de l’époque, mais du moment que je n’ai pas comparu devant le CODIS après les six mois de cette décision de suspension, je suis sensée réintégrer d’office le corps des magistrats et reprendre ainsi mes fonctions… ».

Rappelons que Fanirisoa Ernaivo avait été suspendue en raison de ses propos plus ou moins vexants voire malveillants du 30 octobre 2018 à Mahamasina, à l’endroit des trois policiers victimes de vindicte populaire à Fénérive-Est, lesquels venaient de rentrer d’une mission dans la localité d’Ambodiazinina. A l’époque, elle était déjà candidate officielle aux élections présidentielles de novembre-décembre, et après s’être rendue compte de la dureté de ses propos, elle a présenté ses excuses aux familles et à tout le corps de la Police nationale. Mais visiblement, cela n’a pas suffi car la décision  du ministère était irrévocable. Médecin après la mort, selon cet adage bien connu !

Malgré tout, Fanirisoa Ernaivo a pu poursuivre sa campagne présidentielle, mais malheureusement, elle fut éliminée dès le premier tour de ces élections. Pour rappel, Fanirisoa Ernaivo a été la première magistrate à présider le SMM qui a été créé en 1992. En avril 2018, elle faisait partie des meneurs du mouvement qui a accéléré la chute de l’ancien président de la République Hery Rajaonarimampianina et qui a permis à Andry Rajoelina de placer l’actuel Premier ministre Christian Ntsay.

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