CENI : L’année 2019 a été très chargée

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a présenté ce jour le rapport annuel de ses activités au titre de l’année 2019 ainsi que le rapport d’organisation des élections communales et municipales.

2019 n’a pas été une année de tout repos pour la CENI, puisqu’elle a été marquée par l’organisation de trois élections différentes, celles des législatives ainsi que les élections des maires et des conseillers municipaux.

Ainsi, en présence des représentants des partis politiques, des responsables étatiques, des Organisations de la Société Civile et des partenaires techniques et financiers, la CENI a présenté en long et en large le rapport de ses activités, ce vendredi 24 janvier en son siège sis à Alarobia.

Révision de la liste électorale

En ce qui concerne les opérations de révision annuelle systématique de la liste électorale, les critiques formulées à l’endroit de la CENI, malgré les efforts fournis et les investissements depuis 2015, vont l’obliger à adopter des approches de communication, de sensibilisation et d’opération plus efficaces tout en veillant sur les ressources et les aides allouées. L’année 2019 va être une année d’évaluation de l’efficacité de la mise en oeuvre de différentes stratégies initiées depuis l’année 2018.

La CENI a ainsi procédé à l’amélioration de la gestion des bases de données et de sa mise à jour pour assurer la fiabilité du logiciel de gestion de la liste électorale. Pour ce faire, la CENI s’est focalisée sur l’augmentation du taux d’exhaustivité de la liste électorale et du taux d’exactitude des données collectées et saisies dans la liste électorale. Pour rendre cette dernière fiable, des audits ont été réalisés par les techniciens de la CENI avec le concours des experts du projet SACEM, suivi par celui des experts de l’OIF. A la date du 15 mai 2019, le nombre d’électeurs inscrits est de 10 299 583 avec un taux d’augmentation de 3,89 % par rapport à celui du 15 mai 2018 (4 745 851 de femmes – 46,08 % des électeurs enregistrés ; 4 264 099 de jeunes – 41,40% enregistrés).

Opérations électorales

Concernant les opérations relatives aux préparatifs des deux types d’élection, si pour les préparatifs des législatives, les ressources étaient suffisantes pour réaliser au mieux les opérations avant, pendant et après le scrutin, ce n’était pas le cas pour les communales où la CENI devait compter sur l’Etat Malagasy et les acquis précédents. En matière de financement des opérations, côté gouvernement malgache, le budget de l’Etat a subi une coupe drastique. Quant aux financements extérieurs, pour le projet SACEM, l’appui va être dégressif et partiel pour le financement des élections communales. La CENI s’est, par conséquent, efforcée de maintenir la qualité et les normes des opérations jusqu’à la publication des résultats provisoires.

Renforcement des capacités du personnel et des acteurs électoraux

La formation du personnel électoral demeure l’une des activités essentielles de la CENI, car la performance des agents électoraux et la réussite des opérations préélectorales, électorales et post électorales dépendent de ces activités. A cet effet, pour les législatives, divers ateliers de renforcement de capacités à l’endroit du personnel électoral ont été organisés avec l’appui des partenaires techniques et financiers (SACEM, EISA, ECES, Liberty 32, etc.). Il s’agit en effet des formations techniques sur la vérification et l’enregistrement des candidatures, les attributions spécifiques des différents intervenants selon les dispositions légales. Une série d’« Ateliers d’appropriation du cadre légal pour les élections législatives du 27 mai 2019 » destinés aux formateurs des délégués des partis/candidats dans les bureaux de vote a également été dispensée. Des ateliers de vulgarisation des textes relatifs aux élections législatives ont également été réalisés, toujours en partenariat avec les OSC et soutenus par le Projet SACEM.

Dans le cadre de la préparation des élections communales du 27 novembre 2019, la CENI a misé sur la capitalisation des formations acquises pendant les élections présidentielles et législatives. Néanmoins, les 119 Chefs des Centres Informatiques de Districts et tous les présidents des SRMV (PSRMV) ont pu bénéficier des formations sur l’utilisation et l’installation des logiciels destinés à l’enregistrement des candidats et au traitement des résultats. Pour les membres des OVEC, des SRMV, et des BE, des guides pratiques ont été conçus, en plus d’une formation pour les trois membres des bureaux de votes au niveau de chaque commune pendant le déploiement des matériels électoraux. Pour le traitement des résultats, une structure ad hoc a été mise en place dans chaque chef-lieu de province, lieu de publication des résultats provisoires. Dans le cadre d’un partenariat entre la HCC, la CENI, le PNUD/SACEM et l’ENMG, un atelier de renforcement des capacités des Tribunaux Administratifs et du Conseil d’Etat à Antananarivo à l’intention des juges administratifs a été réalisé pour, d’une part, préparer lesdites juridictions à la gestion du contentieux électoral et, d’autre part, promouvoir à travers des cadres de concertation une collaboration interinstitutionnelle CENI – Tribunal administratif/Juge électoral au niveau des chefs-lieux des Provinces.

Collaboration avec les parties prenantes aux élections

L’année 2019 est une année de concrétisation et de suivi de la capitalisation des acquis des conventions signées antérieurement avec les partenaires techniques et financiers, les institutions et entités publiques ainsi que des sociétés civiles.

C’est ainsi qu’en fonction des résultats obtenus et des besoins supplémentaires exprimés, il est arrivé que les PTF aient décidé d’accorder des rallonges sur leurs contributions ou aient renforcé leurs partenariats. Ce sont les cas des pays contributeurs au basket fund du projet SACEM (la France, le Norvège, l’Allemagne, L’Afrique du Sud, Union Européenne, Les Etats-Unis à travers l’USAID, la Grande Bretagne, le PNUD), des pays hors SACEM (Japon), des organismes internationaux (OIF, SADEC). Certaines sociétés civiles ont renforcé leurs actions tout le long du processus et ont répondu présent à tous les appels de la CENI. On cite entre autres le KMF- CNOE, la Justice et Paix, et l’Observatoire Safidy du mouvement Rohy et les OSC implantés au niveau local, qui ont participé activement à l’éducation et à la sensibilisation des électeurs. Des chartes de bonne conduite des candidats ont été élaborées et signées par les candidats aux élections, en collaboration avec les organisations de la Société civile et des institutions telles que le BIANCO, CSI, HCCED, etc. Pour terminer, un cadre de concertation gouvernement & CENI a également été mis en place pour faciliter l’accompagnement de la CENI durant la gestion des opérations.

En résumé, 2019 a été l’année d’aboutissement de quatre années de travail intenses pour la CENI. La CENI n’a pas lessivé sur ses efforts afin de mener à bien la gestion du processus électoral et de garder son cap. Sur cette lancée, elle maintient toujours sa volonté d’agir et de travailler en toute transparence et en se conformant aux lois et règlements en vigueur, afin d’arriver à la vision qu’elle s’est imposée au début de son mandat « Gouvernance Électorale Crédible et Démocratique ».

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