Il faudrait savoir : on aide ou on n’aide pas les sinistrés des récentes pluies diluviennes qui se sont abattues dans le pays.
Le fait est que d’un côté, le gouvernement a lancé un appel à toutes les bonnes volontés d’apporter leurs aides respectives pour secourir ces sinistrés, déclarant par la même occasion l’état de « sinistre national ». Un appel qui a eu ses (larges) échos auprès de ces bonnes volontés et autres généreux donateurs, lesquels se sont aussitôt mobilisés et organisés pour voir, de leur côté respectif, les aides à apporter. Mais de l’autre côté, alors que les uns et les autres ont déjà défini leurs interventions respectives, voilà qu’une note du ministère de l’Intérieur vient interdire l’organisation de téléthons ou autres manifestations destinées des collectes de dons… y compris de fonds pour venir en aide à ces sinistrés.
Pas plus tard que ce matin, l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) a mobilisé ses membres (donc tous les journalistes) à la cathédrale FJKM d’Analakely, pour un culte destiné à porter en prières la vie de la nation et surtout les victimes de ces intempéries qui, on le sait, accusent d’importants besoins d’aide d’urgence. Curieusement, il y a été annoncé qu’il n’y aura pas d’oboles… comme on le fait généralement en pareilles circonstances en raison de cette interdiction ministérielle. Tandis que sous d’autres cieux, comme dans certaines régions par exemple, des manifestations du genre, dont entre autres des téléthons, ont déjà eu lieu pour le même objectif. Que va-t-on alors faire de tout ce qui a été collecté lors de ces téléthons ?
Mais la grande question est de savoir : en vertu de quel pouvoir, le ministère de l’Intérieur se permet-il d’interdire ces actions de secours aux sinistrés ?
Il est de notoriété publique que le « voin-kava mahatratra » est encore et toujours vivace et fortement ancré dans la mentalité des Malgaches. Et cela s’est toujours senti depuis belle lurette, depuis tous ces temps ou moments où l’on a eu affaire à des catastrophes naturelles. Les bonnes volontés se manifestent promptement et naturellement pour aider leurs compatriotes victimes de ces catastrophes… où qu’elles soient sans autre considération qu’il s’agit tout simplement de Malgaches comme eux ou comme nous tous, nationaux qui vivons dans ce pays.
Cohésion nationale
A moins que l’Etat ne pense qu’à lui seul il parviendra à tout faire et ne compter que sur les aides extérieures auxquelles il vient de faire appel ? Etrange décision en tout cas, car c’est comme on dirait, du jamais vu de la part de dirigeants qui se prévalent d’une cohésion nationale pour faire face à un problème (pour ne pas dire calamité) qui touche le pays tout entier.
Lors de la rencontre au CCI d’Ivato pour la collecte d’idées et propositions sur la cause malgache pour les Îles Eparses, le Premier ministre Christian Ntsay a vigoureusement appelé à cette cohésion ou solidarité nationale. Certes, plusieurs bonnes volontés se sont manifestées pour soutenir la cause, mais pas aussi nombreuses que celles qui se déclarent actuellement pour le cas de ces sinistrés.
Bien évidemment, ce sont deux causes qui n’ont rien de commun dans la mesure où l’une semble encore relever de l’utopie tandis que l’autre est une réalité vécue actuellement dans le pays. Et d’ailleurs, l’on se demande, où en est-on avec la question des Îles Eparses après la réunion de novembre dernier ?
En attendant, l’Etat doit surtout savoir qu’il n’a aucun droit à interdire aux Malgaches d’aider leurs compatriotes. A moins qu’il faudrait maintenant lui envoyer toutes les aides réunies ou collectées pour les sinistrés ? Ce sont des gestes tout à fait naturels de sympathie et de compassion, ou encore de solidarité de la part de ceux qui les font.

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