Le tourisme est l’un des principaux secteurs d’activité qui peuvent apporter une forte contribution à l’économie globale du pays. De plus, le tourisme est un secteur transversal qui peut bénéficier à beaucoup d’autres secteurs (agriculture, artisanat, transport et services…). Seulement, le poids du tourisme dans l’économie n’a d’égal que sa sensibilité par rapport à des faits qui lui sont exogènes (mouvements sociaux, épidémies…).
Les recettes enregistrées au titre du tourisme ont connu une bonne évolution. En effet, si ces recettes étaient de 858 milliards d’ariary en 2008, elles ont atteint les 2 077,9 milliards d’ariary en 2017 et 1 722,4 milliards d’ariary au cours des 9 premiers mois de 2018. Cette embellie des recettes pourrait s’expliquer par les efforts d’investissement qui ont été faits : En 2017, les investissements dans le secteur du tourisme ont atteint les 108,1 milliards d’ariary (dont 99,4 milliards dans les hôtels et/ou restaurants et 8,7 milliards dans les EVPT contre 22,5 milliards d’ariary 10 ans auparavant, soit en 2007).
Bien évidemment, ces nouveaux investissements ont été suivis par une évolution de l’offre. Le nombre d’établissement d’hébergement et de restauration est passé de 1 181 en 2007 à 2 931 en 2017. En conséquence, le nombre de chambres disponibles a également enregistré une évolution favorable : De 13 340 en 2007, le nombre de chambres disponibles est passé à 26 848 en 2017. La tenue du XVIème Sommet de la Francophonie à Antananarivo en 2016 explique aussi en partie cette évolution.
Ces investissements ont également apporté d’autres avantages tels que l’évolution des emplois directs générés par le secteur. En 2017, le secteur du tourisme compte 44 483 emplois directs (dont 36581 dans les hôtels et/ou restaurants et 7 902 dans les entreprises de voyages et de prestations touristiques ou EVPT) contre 24 247 emplois directs en 2007 (dont 19 395 dans les hôtels et restaurants et 4 852 dans les EVPT).
L’annonce faite par le Président de la République portant sur la construction prochaine de nouveaux hôtels de haut de gamme devrait se traduire par une plus grande et meilleure offre en termes de chambres d’hôtels. Rien ne sert de faire la promotion de la destination si la capacité de réception n’y est pas adaptée.
Seulement, le tourisme est un colosse aux pieds d’argile très fragile : Le plus petit soubresaut social, la moindre épidémie… s’accompagnent inévitablement d’une cascade d’annulation de réservations, apportant d’énormes préjudices aux professionnels du secteur. Pour une meilleure contribution du secteur du tourisme dans l’économie globale du pays, on ne peut qu’espérer que les efforts de sécurisation entrepris actuellement dans les zones dites « chaudes » apportent des résultats concrets.
Ranaivo Lala Honoré

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