L’année 2020 pointe son nez et nul ne sait encore ce qu’elle réservera aux Malgaches. Toujours est-il qu’en jetant un regard sur l’année qui s’achève, il faut conclure qu’avec un nouveau régime, on ne pouvait pas s’attendre à un grand changement à tous les niveaux de la vie nationale vu le temps qui lui a été imparti.
C’est ainsi que les Malgaches ont continué à vivre (si ce n’est pas survivre) avec les défaillances de la Jirama (coupures d’eau et les biens-connus délestages au niveau de la fourniture d’électricité) malgré les centaines de milliards d’Ariary injectés dans la compagnie nationale à titre de subventions. Finalement, les délestages et les problèmes de fourniture d’eau ont coûté la tête du ministre responsable qui, à l’étonnement de tous les observateurs, se retrouve propulsé à la tête de la Jirama. Tous espèrent qu’il y prodiguera des miracles ne serait-ce qu’en débutant la prévision de production d’électricité qui devrait doubler d’ici 5 ans (loi de finances 2020).

Autre évènement majeur ayant défrayé les chroniques : c’est la situation de la compagnie nationale de transport aérien Air Madagascar qui se trouve aujourd’hui dans une zone de turbulence. Le partenariat avec Air austral a volé en éclats (d’où la démission de son directeur général Besoa Razafimaharo) alors qu’elle vient d’être condamnée par le tribunal de commerce de Paris à verser 46 millions de dollars à Air France, qui lui avait prêté deux A340 en 2012. Cette situation n’est pas de nature à améliorer sa situation financière car ses ailes se trouvent ainsi plombées.

Au niveau des infrastructures, les réalisations se trouvent au point mort. On ne parle que de débuts des travaux, que cela concerne la pose de la première des futurs logements sociaux à Ivato ou le lancement officiel des travaux de réhabilitation de la RN 44… Mais aux dernières nouvelles, la RN 44 se trouverait dans un état lamentable, pire qu’auparavant. On ne saurait oublier le lancement du projet Tanà-Masoandro portant sur la construction d’une nouvelle ville à Ambohitrimanjaka, mais qui rencontre dès son début la désapprobation des propriétaires des terres sur lesquelles le projet devrait se réaliser.

La chasse aux sorcières commence
2019 marque également le début de la chasse aux sorcières, notamment envers celles qui, à tort ou à raison, ont perpétré des malversations à l’égard des deniers publics : ainsi, 3 anciens ministres passeront devant la Haute Cour de justice a-t-on prévu. En attendant, Claudine Razaimamonjy et Eddy Maminirina dit Eddy bois de rose, en sont les premières victimes en écopant respectivement de 10 ans de travaux forcés et de 5 ans d’emprisonnement. On reste dans l’attente du sort qui sera réservé à Mbola Rajaonah qui croupit toujours à Tsiafahy. Le grand public attend la suite de la série notamment concernant les autres trafiquants notoires dont les noms circulent partout tout en espérant que cette chasse aux sorcières ne cache pas un simple règlement de compte politique et qu’elle ne soit pas sélective.
La promulgation par ordonnance du président de la République de la Loi de finances 2020 figure également dans l’actif du régime actuel. L’objet de controverse se situe au niveau des 700 milliards d’Ariary et plus, affectés à titre de « provisions », donc sans objet précis dans le budget de l’Etat. Les questionnements lancés par le Sénat ont été bloqués par la Chambre basse nouvellement élue qui démontre déjà qu’elle est totalement assujettie au régime en place. C’est encore une autre question à suivre en 2020.

Mais le tableau n’est pas entièrement noir. S’il est un point positif qu’on peut attribuer au régime en place, c’est la renégociation des contrats avec les pétroliers. Cela a eu pour conséquence positive de stabiliser les prix à la pompe. Sur la base de cette prouesse, la population s’attend à ce que 2020 apporte un changement véritable malgré des perspectives pas trop reluisantes si l’on considère la Loi de finances 2020 : Une inflation autour de 6,2% en glissement annuel contre une croissance de 5,5%. Et le régime en place a intérêt à performer dans ce sens car l’année de grâce dont il a bénéficié est bel et bien terminée.


