A l’issue de la cinquième revue du programme de réformes économiques de Madagascar effectuée par le Fonds Monétaire International (FMI), le pays a été considéré comme un bon élève. La Facilité élargie de crédit (FEC) a été ainsi débloquée. Mais celà exige des contreparties.
Le FMI a conclu qu’en 2018, la croissance a atteint 5,2%, tirée par un rebond de la production agricole et de l’investissement. Malgré des prix pétroliers à la hausse, le compte courant a enregistré un surplus dû aux fortes exportations de vanille et de produits miniers. Les autorités ont respecté tous les critères de performance pour la fin de 2018.
Pour 2019, les perspectives économiques restent positives, avec une croissance devant se stabiliser au-dessus de 5 pour cent, soutenue par l’investissement, les exportations, des améliorations dans le secteur de l’énergie, et le bâtiment. Dans le cadre de cette cinquième revue soutenue par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, il a été convenu d’augmenter les investissements publics et les dépenses sociales qui dépendent de manière critique d’un effort continu visant à augmenter les recettes et à réduire les dépenses de moindre priorité.
Dans ces conditions, il reviendra à l’Etat malgache d’effectuer des coupes sombres sur certaines dépenses qui ont déjà été programmées mais jugées non prioritaires. Il faut se dire, qu’en conséquence, il y aura toujours, un secteur de l’économie nationale qui sera sacrifié afin de bénéficier des apports de la FEC. Pour rappel, la FEC a été approuvée par le Conseil d’administration du FMI en juillet 2016. La FEC est un accord de prêt qui prévoit un engagement soutenu du programme à moyen et long terme en cas de problèmes de balance des paiements prolongés.
Dans un contexte de crise budgétaire, l’aide du FMI paraît souvent indispensable afin d’atteindre et de respecter l’équilibre des principaux indicateurs économiques tel que le taux de croissance, le compte courant, le taux d’inflation, … Le FMI défend les équilibres macroéconomiques, et il a raison de le faire car autrement, il pourrait s’en suivre un véritable chaos au niveau de l’économie mundial e.
Mais il ne faut pas oublier qu’un pays peut respecter les équilibres et rester pauvre toute sa vie. Bien évidemment, le FMI dispose d’une expertise technique dont les pays peuvent avoir besoin pour transformer leurs économies. Le tout est d’utiliser le savoir faire du fonds au service de son propre agenda de développement. Autrement dit, il est nécessaire de mobiliser les ressources internes et centrer notre développement sur nos propres forces et non se limiter à respecter les exigences extérieures.
Ranaivo Lala Honoré

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