Afin de soutenir son projet de développement, le pays est toujours obligé de négocier avec les différentes institutions financières régionales et internationales des crédits qui serviront à construire des infrastructures sociales, hydro-électriques…
Madagascar détient assez de richesses pour émerger par ses propres moyens, mais elles n’ont pas toujours été exploitées, volontairement ou non, à bon escient : Qu’est-ce que le pays a gagné avec le saphir alors que nous disposons du tiers de la production mondiale ? Quid également de l’or, de l’émeraude… illégalement exportés ? Et les recettes illicites tirées de l’exportation illégale de bois précieux (bois de rose…) et qui n’ont pas été communiquées publiquement, où sont partis les capitaux correspondants ?
Selon Manantsoa Victor Harison, Commissaire aux Affaires Economiques de l’Union Africaine, en ce qui concerne Madagascar : « Pour la période 2004-2013, les flux financiers illicites cumulés ont été évalués à 5 milliards USD et qu’en 2015, ils ont représenté 6,6% du PIB». Et de poursuivre : « Si Madagascar contrôlait ces flux, il n’y aurait plus besoin de négocier des Facilités Elargies de Crédit (FEC) auprès des institutions financières internationales de Bretton Woods et ainsi se soumettre aux conditionnalités bien des fois fortement contraignantes ». Effectivement, ces conditionnalités peuvent aller à l’encontre de certaines décisions de l’Etat, tendant à alléger autant que faire se peut la bourse des ménagères telles que les subventions qu’il peut accorder à certains produits.
Ces flux financiers illicites représentent bien plus que l’aide internationale, mais faute de volonté politique de nos dirigeants, ces capacités d’autofinancement du développement se volatilisent alors que nous aurions pu construire nous-mêmes ces infrastructures sociales, hydro-électriques… Comme il est impensable de croire que ces flux financiers illicites aient pu échapper à la vigilance des différentes entités étatiques chargées de les contrôler, on arrive facilement à conclure que la corruption est passée par là.
Ranaivo Lala Honoré

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